Partenaires

CNRS
UPS



Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


accueil site > Axes de recherche

Changements Globaux et biodiversité

 

Processus de changement globaux le long des niveaux d’intégration de la biodiversité (GLoB)
 
Dans le contexte des actuels changements environnementaux mondiaux, notre capacité à préserver l’intégrité de la biodiversité dans ses formes et ses fonctions dépend de la compréhension intégrée des processus qui régissent les impacts du changement global et les réponses consécutives de la biodiversité, aux différents niveaux de son intégration, depuis les gènes jusqu’aux écosystèmes. Dans les régions tempérées, deux processus majeurs concourent à la crise actuelle de la biodiversité : la fragmentation des habitats et les changements climatiques. La fragmentation des habitats, par l’intermédiaire de la réduction des surfaces d’habitat disponibles a pour conséquences directes une diminution de la taille des populations et une augmentation des effets stochastiques indésirables dans ces populations, et, par l’intermédiaire de l’isolement fonctionnel de ces habitats, a des conséquences indirectes sur la diversité génétique, l’adaptation locale, et l’évolution des traits. Le changement climatique a également des effets directs, par exemple sur les processus physiologiques ou la phénologie des organismes, et des effets indirects agissant d’une part par l’intermédiaire de la modification des pressions sélectives sur les traits importants et d’autre part par la modification de composition des communautés suite aux déplacements d’aire de distribution de certaines espèces. Plusieurs projets regroupés dans l’axe thématique GLoB adressent les processus par lesquels ces changements environnementaux (et leur interaction) agissent sur la biodiversité, depuis le niveau des génomes jusqu’à celui des écosystèmes. Ils adoptent des points de vue complémentaires, dont l’intégration participe à l’excellence du Labex TULIP.
D’une part, nous construisons des modèles théoriques permettant d’étudier la dynamique des populations, la synchronie des espèces et la stabilité des écosystèmes dans des environnements changeants, dans le but de confronter les résultats issus de ces simulations avec des données empiriques. Par ailleurs, nous utilisons également ces modèles théoriques pour évaluer les conséquences écologiques et évolutives des changements sur interactions non trophiques, sur les interactions indirectes arbitrées par les traits, et sur la construction des niches écologiques.
D’autre part, nos travaux empiriques visent à rassembler trois types de données complémentaires (suivi sur le terrain, manipulations expérimentales, et données génétiques et/ou génomiques) pour identifier les éléments clés et les points d’inflexion dans la réponse de la biodiversité au changement global, et détecter les processus par lesquels ces réponses observées se mettent en place. 
En particulier, nous étudions comment les traits des espèces répondent ou ont répondu par le passé aux pressions exercées par l’environnement abiotique, en mettant l’accent sur les réponses phénotypiques et génomiques. Nous cherchons par exemple à mettre en relation les paléoclimats et l’adaptation au milieu cavernicole chez l’euprocte des Pyrénées (une salamandre), ou encore dans une autre étude, nous cherchons à identifier en quoi l’interaction entre dispersion et acquisition d’énergie (par thermorégulation ou glycolyse) est liée à la spécialisation écologique, en utilisant des espèces modèles lézards, amphibiens et papillons (10 espèces au total). 
Par ailleurs, nous focalisons également notre recherche sur les traits impliqués dans les interactions entre organismes, et en particulier dans le choix du partenaire, la compétition entre apparentés et les conflits parent-descendance, ou encore ceux impliqués dans le transfert de l’information, des traits éminemment importants dans la mise en place des stratégies de dispersion, un comportement qui assure la réponse spatiale de nombreux organismes à la fois le changement climatique et la fragmentation. Deux organismes modèles servent cette partie du projet, des lézards et des papillons. 
Finalement, les effets du changement global sur les processus gouvernant la dynamique des métacommunautés (ici principalement la dispersion et les interactions inter-spécifiques) et des écosystèmes (les flux de matières) sont aussi étudiés grâce à des expériences menées dans des méta-mésocosmes (le Métatron et l’Aquatron), couplées à des analyses génétiques et des relevés de terrain, principalement avec des modèles poisson-parasite et plante-papillon-parasitoïde.
 
Contact :
V. Stevens (Landscape Ecology, food webs)
J. Clobert (Evolution of dispersal)